Oui, voilà, j’ai ENFIN fini de lire le livre (pas qu’il soit long en plus… je lis à la vitesse d’une tortue!).
C’est mon premier essai à une analyse/critique comparée, et j’avoue ne pas trop savoir par où commencer. Un résumé de l’un et l’autre peut-être?
Histoire
2021. Rick Deckard est un chasseur de prime à la solde du service de police de San Francisco. Ses proies: des androïdes. Ceux-ci, quasi-identiques aux humains, sont interdits de séjour sur la Terre. Lorsque huit d’entre eux, exemplaires du nouveau modèle Nexus-6, réussissent à s’enfuir de la colonie martienne pour émigrer illégalement sur Terre, le service de police est mis en alerte. Un premier chasseur de prime réussit à “retirer” deux androïdes avant de se faire blesser. C’est alors que la ville fait appel à Deckard.
En premier lieu, il doit vérifier si le test utilisé pour différencier les androïdes des humains fonctionne sur le nouveau modèle. À cette fin, il se rend au siège social de la compagnie les fabriquant. Ensuite, il peut débuter sa mission.
Histoire comparée
Le livre:
Dans le livre, le point principal d’attention est l’identification des androïdes par le biais d’un test qui calcule les capacités empathique de l’individu interrogé. Un des éléments importants de cette empathie est lié aux animaux. Une des conséquences tragiques de la guerre du début du siècle fut la quasi-anihilation de toute vie animale. Les animaux ont acquis une valeur sentimentale et sociale extrêment élevée. Le désir de Deckard de posséder un véritable animal (son mouton est artificiel) est un élément récurrent tout au long de l’histoire essentiel à certaines parties de l’intrigue.
De plus, le livre aborde la question religieuse à travers le culte de Mercer, qui lui aussi s’appuie sur l’empathie.
Le film:
Ici, le point central du conflit entre les androïdes évadés et l’humanité n’est pas la question de l’empathie, mais celle de la longévité réduite des machines. Ceux-ci ne peuvent espérer vivre plus de 4 ans. Si cet aspect est à peine effleuré dans le livre, il prend toute son importance dans le film puisqu’il motive les actions des androïdes.
Critique
L’univers décrit dans le livre est complexe, détaillé et palpable alors qu’il n’est qu’esquissé dans le film, une simple atmosphère sombre qui nous fait croire qu’on est toujours la nuit, sans savoir pourquoi.
Par contre, l’unité de l’histoire est plus soutenue dans le film. Le livre a plusieurs lignes d’histoire et elles ne sont pas toutes adéquatement poursuivies. Le “mood organ” est complètement oublié après les deux premiers chapitres pour ne revenir qu’à la fin, un espèce de gadget qui avait un potentiel de questionnement, mais qui semble avoir été rejeté. De plus, il semble un peu improbable, dans le livre, que toute cette histoire tienne dans une seule et même journée. Enfin, si le corps de l’histoire se développe très bien, la fin est questionnante, mais pas dans un bon sens. Elle tombe dans l’extase religieuse avant de revenir avec les animaux. En fait, c’est vraiment toute cette section où le personnage principal ne se distingue plus de Mercer… pour on ne sait quelle raison… qui dérange. Était-ce nécessaire à sa trouvaille dans le désert? M’enfin.
Par contre, le rôle de l’androïde femelle à la solde de la compagnie est beaucoup plus étoffé et tordu dans le livre quand on la compare à l’ingénue du film.
Verdict
Les versions littéraire et cinématographique de Blade Runner sont toutes deux de bonne qualité. Par contre, il ne faut pas s’attendre à une véritable adaptation du livre. Il s’agit plutôt d’une variation dans l’univers créé par Philip K. Dick. Demeure que, malgré ses défauts, je préfère le livre pour ses réflexions plus profondes, mais c’est là un prérogatif du média écrit: de l’espace et du temps pour réfléchir.
Livre: 7.5/10
Film: 7/10